Saponisphère

Des savons Made in France, entièrement faits à la main, vegan et en plus très beaux ! C’est aussi un débat sur le coût du Made in France et c’est pourquoi j’ai invité Christine, la créatrice de Saponisphère, à vous expliquer son trésor…

Il y a une tradition sur le blog où le créateur nous explique un peu son parcours. Quel est le tien ?

J’ai été styliste modéliste, tapissier décorateur… J’ai fait des bijoux aussi. Mais j’ai aussi été secrétaire, assureur, etc. J’ai bien rempli tout mon espace-temps ! 

Avant tout, je suis un artisan : quelqu’un qui aime travailler avec ses mains. 

Et j’aime aussi créer donc j’essaye de combiner les deux. Si j’avais eu un autre parcours, j’aurais choisi les savons en premier. 

Pourquoi t’être reconvertie dans le savon ? 

Je suis végétarienne et je ne mange que du végétal depuis quinze ans. Je cherchais des produits pour ma peau et qui puissent rester dans mon objectif de vie. Alors je me suis dit que j’allais les faire moi-même, comme je fais mes vêtements, mon mobilier ou ma maison ! 

Aussi, cela m’a plu, car il y avait tout une esthétique qui pouvait être ajoutée. 

Un savon c’est un détergent. Un bon savonnier va créer un savon qui ne va pas créer de dégâts en lavant la peau. Et un très bon savonnier va apporter une valeur ajoutée en créant un film qui va protéger la peau. 

J’ai cherché à comprendre tout ce qu’étaient ces acides gras, au même titre que l’alimentation. Et j’ai créé la formule. 

 
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Comment travailles-tu ? 

J’ai une formule de base sur laquelle j’ai travaillé pendant trois ans. Ensuite je l’agrémente d’un surgras différent, d’odeurs différentes avec une esthétique différente, à chaque fois. Mais la formulation de base de chaque savon est la même. 

Pour les shampoings c’est un peu différent, car il y a une autre combinaison d’acides gras, le but n’étant pas le même. Il y a aussi tout le travail du dossier sécurité qui doit être déposé pour chaque cosmétique. À chaque savon, je dépose un nouveau dossier. Et cela prend énormément de temps.

Est-ce toi qui crées le design de tes savons ? 

Oui, je m’occupe de tout ! Les photos, le design, les odeurs, etc. C’est vraiment le lancement qui m’a pris énormément de temps, car je voulais trouver la formule parfaite pour la peau. Pour le reste, j’ai fait appel à ce que je savais faire. J’essaye de trouver la jolie ligne, comme pour un beau vêtement ou un joli canapé. 

 
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Qu’est-ce que tes savons ont de différent ? 

Les matières premières utilisées et ma formulation. Il y a une base de sept huiles et beurres, dont la matière principale est le beurre de cacao. 

Il y a beaucoup d’huile de ricin aussi. C’est une huile d’exception. En général, elle est très peu utilisée et elle fait des savons tout mous donc les savonniers n’aiment pas l’utiliser. Moi, je l’adore. L’huile de coco fait beaucoup de mousse mais elle dessèche énormément. Quant à l’huile d’olive, elle fait des savons tout gluants. Les huiles ont des avantages et des inconvénients. 

Une combinaison bien réussie c’est un savon dur qui dure longtemps. Mes savons ont la particularité d’être très doux. 

 
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Tes savons sont vegan ? 

Oui. Ça veut dire qu’il n’y a pas de miel, pas de lait, etc. C’est uniquement parce que je ne mange que du végétal. J’utilise de l’huile de palme parce que je suis vegan et que c’est la meilleure alternative aux graisses animales. Elle apporte de la dureté, de la tenue et une meilleure conservation sans faire usage de produits chimiques. C’est extraordinaire pour les savons et elle est indispensable dans une recette vegan. 

L'huile de palme contenue dans les savons est bénéfique à l'épiderme en usage cosmétique, au contraire de son usage dans l'industrie agroalimentaire lorsqu’elle est hydrogénée, posant alors problème en raison des graisses transformées qu'elle engendre.

J’utilise une huile de palme bio certifiée RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil = Table ronde sur l’huile de palme durable), répondant à des normes conseillées et approuvées par le WWF (World Wide Fund for Nature), et permettant de limiter l’impact de la culture sur l’environnement, dans le respect des populations locales et de la biodiversité. Les plans de palmiers sont situés sur des zones qui n'ont pas été déboisées. Son coût est bien plus important qu'une huile de palme conventionnelle. Il est équivalent au coût de l’huile de colza bio ou de coco bio.

 
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Fais-tu tout toi-même, à la main ?

Oui et c’est du vrai fait main, à 100%, du début à la fin. Je n’ai pas de label bio car je ne veux pas rentrer dans ce lobby mais par contre je fais un peu comme je fais dans mon alimentation. J’achète 100% des matières labellisées pour chaque huile, chaque huile essentielle, chacun des produits. Tout est labellisé bio, mais moi je n’ai pas de label bio. 

C’est vraiment moi qui conçois mes produits de A à Z, dans mon laboratoire.


Je n’ai entendu que des très bons retours sur tes shampoings.  

Oui c’est vrai. Par contre, je mets en garde les gens que s’ils ont du silicone dans les cheveux, cela fera quelque chose de poisseux. Il faut libérer les cheveux de toutes les toxines qu’il y a dessus pour que le shampoing fasse vraiment de l’effet. C’est le cas surtout pour les cheveux longs, puisque plus anciens donc plus longtemps exposés.

La rencontre des corps gras du savon et du silicone donne un effet poisseux et lourd, souvent visible dans les pointes, qui disparaîtra quand il n'y aura plus de résidus de silicone sur les cheveux, ce qui nécessite normalement trois ou quatre lavages. Le fait que les racines soient parfaitement propres avant cette détox résulte du fait qu'elles ont été moins exposées aux silicones des shampoings.

Il suffit juste d'un peu de patience. Mais pour les gens qui ont des cheveux sans toxines, ça marche au premier shampoing. 

Avec mes shampoings, il n’y a pas de cheveux secs car je saponifie tout moi-même dans mon laboratoire. C’est la grosse différence. Souvent il y a des tensioactifs qui font beaucoup de mousse mais qui par contre sèchent beaucoup les cheveux. C’est un produit moins bon. Souvent les shampoings durs sont saponifiés à chaud, avec des tensioactifs rajoutés. C’est pour ça que les cheveux sont secs. 

Mes shampoings ne contiennent aucun tensioactifs rajoutés.

 
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Comment justifies-tu le prix des savons ? 

Par l’achat de la matière première, ainsi que la main-d’œuvre nécessaire à chaque coulage de savon. Un savon traditionnel se coule en dix minutes alors que moi, il me faut à peu près quatre heures. Cela me prend énormément de temps. J’ai de nombreuses étapes à faire qui me permettent de faire mes traits en or. 

Il y a aussi les boîtes. C’est important d’avoir un produit autour de qualité. Mes boîtes sont biodégradables, il n’y a pas de plastique. Je donne une vraie protection à chacun de mes produits. Personne ne peut toucher les savons. Ils ont besoin d’être protégés. 

Il y a aussi les anneaux. Ce sont des petites productions. Il faut faire le trou, les tamponner, mettre le ruban, etc. Tout cela a un temps qui a un coût important. 

Mais le premier coût reste quand même les matières premières. 

Tout le monde peut faire les savons comme je les fais. Par contre, quand il faudra faire dix-sept kilos d’un coup et réussir chaque jour, c’est une autre paire de manches. Donc personne ne s’amuse à faire ça. On met à chaque fois la matière première en danger (cela demande d’être très agile et rapide). Régulièrement, je rate mes savons et du coup je recommence. 

Tous ces travaux que l’on peut faire à la main et qui nécessitent un temps de travail important, ça a un coût. 

 
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Quels conseils as-tu pour les conserver le plus longtemps possible ? 

Bien les faire sécher entre chaque utilisation. Les anneaux sont faciles, vu qu’ils sont suspendus. Le tout c’est qu’ils sèchent entre chaque utilisation. Mais ça sèche vite ! 

Aussi, si vous avez des boîtes en avance, gardez-les à l’abri de l’humidité. 

As-tu un petit secret à partager avec nous ? 

Il me faut un isolement total quand je travaille. Parfois, les gens viennent me parler et je rate automatiquement mon savon. J’ai besoin de beaucoup de concentration.

Merci beaucoup Christine ! 

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