Reine de Cœur

La créatrice qui sait mettre toutes les morphologies en valeur !

Quel est ton parcours ?  

J’ai fait mes études à Lyon et après mon BAC, j’ai voulu faire quelque chose qui soit scientifique et artistique à la fois. J’ai du coup commencé mes études en architecture. J’adore dessiner…

Très vite, j’ai compris que ça n’était en fait par pour moi. Alors j’ai intégré une école de styliste modéliste et j’ai été repérée par la maison Fusalp.

J’assistais la styliste. Le problème c’est que je détestais les vêtements de sport alors j’ai préféré partir.

 Je suis montée à Paris, car quand on fait de la mode c’est ici qu’on a envie de venir !

 J’ai commencé à me présenter avec mes dessins dans les maisons de couture. J’ai ouvert la porte de chez Nina Ricci et le styliste m’a répondu : « Vos dessins ok, mais moi ce qui m’intéresse c’est la veste que vous portez. » C’était une veste que j’avais moi-même tricotée.

 J’ai ensuite rencontré des rédactrices de mode et j’ai commencé à travailler en réalisant beaucoup de modèles en tricot pour les pages mode de Elle, de Marie-Claire, etc. C’était dans les années 80 !

 
Le pull irlandais réalisé pour Marie-Claire.

Le pull irlandais réalisé pour Marie-Claire.

 

C’est comme ça que j’ai commencé à gagner ma vie.

Les pulls irlandais que je créais pour les magazines étaient près du corps, parfois même cintrés. Je trouvais ça beaucoup plus stylé.

Ce que les rédactrices m’ont toujours dit en voyant mes créations : « On voit ton croquis, et quand on découvre plus tard ton modèle réalisé, il est exactement comme le dessin ».

Au début des années 2000, on m’a commandé plusieurs livres de DIY : crochet, broderie, bijoux en maille métal.

J’ai aussi travaillé dans le prêt à porter mais je ne me sentais pas à l’aise, car la confection était faite trop loin. Moi j’aime être proche de ma création et la réaliser moi-même, ou suivre de très près sa réalisation.

 
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Comment en es-tu venue à lancer ta propre marque ?

C’est une histoire d’amour. J’ai retrouvé mon premier amour en 2005. J’ai fini par quitter Paris en 2011 pour le rejoindre à Lyon. Nous nous sommes mariés. Le nom Reine de Cœur c’est aussi un peu ça.

J’ai continué à travailler avec mes clients et boutiques parisiennes.

Fin 2015, j’ai rencontré une femme qui avait eu un cancer. Elle était guérie mais elle m’a demandé de créer de belles coiffes pour celles qui reçoivent ou ont reçu une chimio. J’y ai réfléchi et je me suis lancée avec mes premiers modèles de turbans et de bandeaux. Je voulais que ces modèles soient portables par tout le monde.

J’ai commencé à travailler avec des dentelles brodées. J’aime tout ce qui est très féminin.

 
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Quand on parle de Lyon, on parle toujours de la soie, mais il y a aussi une grande tradition de dentelles. La technique utilisée est la broderie sur tulle. Elle est utilisée dans la lingerie.

Moi je m’en suis servie pour faire mes coiffes féminines.

C’est en 2016 que j’ai créé ma ligne d’accessoires « Reine de Cœur ».

Comment as-tu évolué ensuite ?

 J’ai ensuite commencé à élaborer des ceintures. Puis, m’est venue l’envie de faire des boléros. Ces modèles sont venus en trouvant des belles matières à Paris et à Lyon. 

Le petit boléro cintré a dix pinces, et j’ai trouvé une technique de montage qui évite les épaisseurs. Chaque détail compte. Je travaille beaucoup mes coupes. Je suis beaucoup dans le décor et la broderie mais la construction du vêtement est également très importante. J’en reviens à l’architecture.

 
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Combien de temps cela te prend-il pour une création ? 

Une ceinture me prend en moyenne cinq heures. J’entoile mon jersey deux fois. L’entoilage c’est une matière rigide que je thermocolle pour rigidifier le tissu. Ça me permet aussi d’appliquer la dentelle plus facilement.

L’envers de la ceinture est propre. Il y a toutes les dentelles que je découpe, c’est très long. J’en fais deux par jour maximum, si je ne m’arrête pas ! Les liens sont dans le même jersey, mais non entoilés bien sûr. Comme mes bandeaux et mes turbans.

Un boléro en laine, découpe, montage plus broderies me prend une journée. Par contre, la mise au point du patron, j’y ai passé une semaine !

 
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Comment trouves-tu tes matières ?

Il n’y a pas de loi ! J’ai quelques fournisseurs sur Lyon, mais à Lyon tout est assez secret ! J’ai mis du temps à trouver. La ville est comme ça, elle se préserve.

Pour les coiffes, j’ai pris un jersey très doux. Je trouve aussi souvent mes matières par hasard. J’aime les dentelles de couleur. C’est difficile à trouver mais c’est ça aussi qui est intéressant.

Comment travailles-tu ?

J’ai ce besoin de dessiner. Je créé des nouveautés en permanence. Pour ce printemps, j’ai des mousselines de soie très jolies. Je créé au gré de mes envies, de mes inspirations.

Je suis seule dans mon atelier. Ma table à repasser est tout le temps ouverte !

J’ai beaucoup de travail de préparation. Mon outil indispensable : une très bonne lampe ! Tout mon travail est très précis.

Je cherche aussi des nouvelles techniques. Mon rêve ce serait de coudre des perles avec la machine à coudre. Des sequins aussi.

 
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Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Pour le boléro, je pensais à Audrey Hepburn. Je trouve les années 30 également très intéressantes. Quand je vais à Paris je vais voir toutes les expositions de mode !

La nature aussi ! Tout ce qui est de forme végétale ça me parle beaucoup. Mes parents étaient Jurassiens.

Quel est ton couturier français préféré ?

Jean-Paul Gaultier ! Il a un talent et un humour fabuleux. Et ses créations sont très belles en plus. Quand je me suis mariée, j’ai trouvé une robe tout à fait par hasard dans une petite boutique qui ne vendait que du Jean-Paul Gaultier. Je l’ai essayée et elle est devenue ma robe de mariée. Elle était longue, en soie jaune d’or imprimée, drapée devant avec un laçage très sexy, sur une robe assez classique. Et ça fonctionnait !

 

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As-tu des conseils de style avec tes ceintures ?

Mon idée pour mes ceintures, c’est qu’on les porte avec un jean si on veut, etc. On est libres ! Elles sont précieuses, mais pas si fragiles. L’alliance du sport et du précieux, j’aime ça.

Contrairement aux idées reçues, il n’est pas nécessaire de faire une taille 38 pour porter une ceinture ! Si on a quelques rondeurs que l’on dissimule sous une large robe ou tunique, une jolie ceinture, en structurant la forme du vêtement, structure et affine du même coup notre silhouette. Une ceinture bien choisie nous féminise toujours et nous rapproche d’une silhouette de reine !

Par ailleurs, selon notre morphologie, on la porte plus ou moins haut : sous la poitrine : c’est le style Empire / à la taille, partie en principe la plus fine de notre anatomie / ou à la pointe des hanches. Trois choix possibles, trois raisons de porter une ceinture !

 
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Quel genre de créatrice es-tu ?

Très féminine mais pas cucul ! Je veux que ça ressemble à quelque chose.

Je crée des pièces qui sont parfois à la frontière de l’accessoire et du vêtement.

Peux-tu réaliser des commandes spéciales ? 

Je l’ai déjà fait. Pour des ceintures de mariées. Pour une américaine et une canadienne ! Je peux les faire sur-mesure.

Quel est ton rapport avec le made in France ? 

Pour moi c’est très important en tant qu’artisane française de travailler dès que je peux avec les matières françaises. Parfois il ne faut pas rêver ça n’existe plus en France. Je me revendique comme une fabricante française et dans le style aussi.

Y at-il un message particulier que tu essaies de faire passer en tant que créatrice ?

Je pense que j’ai de la chance de pouvoir faire ce que j’aime. C’est une énorme chance et je la mesure tous les jours.

Par contre il y a quand même des déconvenues et ça n’est pas si simple que ça. Quand on doit tout porter sur son dos, il faut quand même faire attention. Il faut se lancer mais vraiment bien calculer.

Mais quand je vois une femme qui a un coup de cœur pour une de mes créations et qui part avec, ça me remplit de joie !

 

 
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As-tu une difficulté en tant que créatrice ?

 Ce que je fais n’est pas beaucoup vu et certaines personnes me disent qu’elles aiment beaucoup mais que ça n’est pas ce qu’on trouve dans les magazines.

Mais moi je ne veux pas faire ce que fait tout le monde.

Mon style est un peu rétro-moderne.

Mon point fort, c’est que j’ai une expérience et des savoir-faire que les jeunes générations de créatrices n’ont pas forcément. Par contre elles ont de nouvelles techniques que je ne maîtrise pas.

 As-tu un secret à partager avec nous ?

Un petit projet secret avec une galerie d’art… ça m’aiderait d’avoir plusieurs vies !

Merci beaucoup Nancy !

Quand on parle avec Nancy, on ressent toute son expérience et la qualité incroyable de ses créations. TOUT est pensé dans les moindres détails que ce soit au niveau de la décoration ou des coutures. Un tombé à chaque fois parfait.

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À bientôt !

Giulia


 
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