Stylisme de clip : habiller l’identité dans “Qui on est” de Kery James & Kareen Guiock-Thuram
Qui on est est une question simple.
On se la pose tous. Et pourtant, elle traverse cette chanson comme quelque chose qui dérange.
Dans le clip Qui on est de Kery James feat. Kareen Guiock-Thuram, le stylisme n’est pas là pour embellir l’image.
Il accompagne le texte. Il marche avec lui.
Les vêtements ne sont pas décoratifs. Ils portent quelque chose.
La chanson parle d’un monde où l’on se montre beaucoup, mais où l’on se dit peu. Un monde où l’on joue des rôles, où l’on devient parfois un personnage, même pour soi-même.
« Plus personne dans les rues, mais des personnages. »
C’est à partir de cette phrase que le travail de stylisme a commencé.
Kery James – Punishment
Pour Kery James, le choix du créateur Punishment s’est imposé naturellement.
Son vestiaire parle de force et de retenue. Des pièces qui protègent sans démonstration.
Le bomber devient une forme d’armure discrète. Pas pour impressionner. Pour tenir.
Chez Punishment, le vêtement n’efface jamais l’humain. Il l’accompagne.
Kareen Guiock-Thuram – Marion Fillancq
Avec Kareen, tout est parti du regard de l’autre. De ce qu’il fait de nous.
La rencontre avec Marion Fillancq, créatrice du collier de miroirs, est née de là. Une pièce faite à la main. Forte et fragile à la fois.
Chaque miroir renvoie une image différente. Kareen porte les projections des autres. Elle devient ce mirage dont parle la chanson.
Dans un monde où plus personne ne se montre vraiment, le miroir ne révèle pas toujours la vérité. Il renvoie une image.
Parfois trop.
Un lien, sans fusion
Le raccord rouge / bordeaux entre les deux silhouettes n’est pas là pour faire joli.
Les chaussures de Kareen répondent au bomber de Kery. Ils sont reliés visuellement, sans jamais être confondus.
Proximité, sans fusion. Écho, pas uniforme.
« On s’égare dans la vie d’un autre. »
Prolonger le texte
Le fait que le collier soit réalisé à la main par Marion Fillancq remet du réel dans un monde saturé d’images.
Le vrai face au faux. L’humain face au personnage.
Ici, le stylisme ne cherche pas à expliquer la chanson. Il l’écoute. Il la prolonge.
Un clip qui parle de présence, dans un monde de façades.
Et une question qui reste ouverte :
Qui on est, quand tout nous pousse à jouer un rôle ?